Lundi 21 avril 2008 1 21 /04 /Avr /2008 00:31

Pour les personnes comme moi qui ont divorcé de leur télévision (et de sa grosse et turgescente antenne), visionner un documentaire animalier relève du parcours du combattant. En dvd, les productions National Geographic monopolisent tout le rayon (à raison d’ailleurs).
Au cinéma par contre, deux à trois super productions par an, belles certes, mais bien moins instructives.
La Marche de l’Empereur ? La migration annuelle des manchots empereurs anthropomorphismés à outrance au point de leur conférer des voix d’acteurs. La Citadelle Assiégée ? Le Starship Troopers des insectes, rien à redire. Pareil pour Microcosmos. Les Animaux Amoureux ? Ho un Paradisier, comme il est rigolo à se dandiner ainsi de la sorte.
Un jour sur Terre ? Ho un Paradisier, comme il est rigolo à se dandiner ainsi de la sorte. (une courte séquence dissimulée entre l’attaque d’une trentaine de lionnes face à un éléphant, un guépard face à une gazelle, un ours blanc face à un morse...On est plus proche de l’UFC que du WWF).

Bref, rien de bien folichon donc. Alors quand est annoncé un documentaire sensé réhabiliter le Requin aux yeux du grand public, je jubile, je salive, je me frotte les mains.
Las pourtant, quelle déception. On y suit la passion du réalisateur du dit film, Rob Stewart, jeune et belle gueule, imberbe, bronzé et photogénique, qui n’hésite pas à se mettre en scène face aux requins. Alors oui y’a de jolies images (les requins marteaux, la tortue luth), c’est bien filmé (en même temps, pour un gars qui passe sa vie dans la flotte, c’était un minimum), mais la surmédiatisation de son auteur et la mise en scène sont particulièrement indigestes.

L’apogée de ce besoin de reconnaissance explosera lors des dernières secondes : après quelques rapides panneaux d’informations avec chiffres à l’appui, on peut admirer notre beau gosse de service surfer sous l’eau, tiré par un moteur. Intérêt ? Zéro. Le monsieur s’amuse, nage avec les requins, plonge en apnée et nous montre son slip de bain sous toutes les coutures. « Les requins, c’est gentil finalement, arrêtez de les tuer sinon je ne pourrais plus nager avec ! »
 Procédé grossier que même Michael Moore n’aurait pas renié. Car oui, j’accuse ! J’accuse Mr Moore d’avoir inspiré (salopé) cette nouvelle vague de documentaires dans lesquels le réalisateur doit absolument apparaître à l’écran. Et tant pis pour la véracité des images, au diable ce qui s’y dit ça et là, du moment que je passe bien à l’image et que je tire toute la couverture à moi (le public s’identifie et sympathise, je suis le bon, eux les vilains –quel que soit le sujet-, le tour est joué).
C’est ici bien trop flagrant pour ne pas être remarqué : Rob Stewart enfant sur des photos, Rob Stewart ado qui attend à l’arrêt de bus, Rob Steward en slip de bain et en apnée parmi les requins, Rob Stewart malade à l’hôpital, Rob Stewart unijambiste, Rob Steward affronte la Mafia, Rob Stewart courageux bronzé beau gosse…

Ce qu’il ne pouvait prévoir, c’est à quel point il peut paraître fade et inexistant face au capitaine Paul Watson, fondateur de l’association écologique Sea Shepherd (et cofondateur de Greenpeace en 1972 rien que ça), qui à lui seul mériterait tout un film. (ma charmante secrétaire me précise à l’instant qu’il existe déjà un documentaire sur cet homme, Paul Watson l’œil du cachalot).












-Paul Watson sur le pont-


Dernier petit détail très troublant : Tous les intervenants du film sont identifiés via un sous-titre sauf un : l’homme d’origine asiatique assis à son bureau. Jamais ne sera révélé son identité, ni même sa profession, mais il n’hésite pas à parler au nom de tout un peuple. De qui s’agit-il, ça, on s’en fout, tout ce qui compte c’est qu’il soit foncièrement antipathique.

Beaucoup d’images chocs pour finalement apprendre quoi ? Que les requins sont tués pour leurs ailerons ? Qu’ils souffrent d’une vilaine réputation ? Rob Stewart l’utilise autant qu’il la dénonce (voir pour se le prouver la scène où de nombreux requins traquent un pauvre poisson dissimulé, métaphore de leur fuite face à la justice corrompue du Costa rica).
Alors oui le requin est terrifiant, oui il est en voie d’extinction de par son massacre, et oui il apparaît dans la composition d’une soupe très prisée en Asie. La cause est noble et nécessaire mais la forme choisie pour le montrer est souvent indigeste.
Pour la p'tite histoire, de mon côté, j’ai longtemps eu peur des jars. Malgré cette phobie paralysante, très récemment, j’ai sympathisé (et plus si affinités) avec l’un d’entre eux. Je compte très prochainement faire un somptueux documentaire sur notre belle histoire d’amour : je me vois déjà déambuler en bermuda dans le poulailler et caresser les belles ailes de mon jar, me rouler dans ses fientes et mettre ma tête dans son bec.

 

 

 

 

Par Erofeuter
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Mardi 8 avril 2008 2 08 /04 /Avr /2008 16:34

Allez, je vous abreuve encore d’une note versant plus dans l’expert comptable que dans le passionné de ciné, mais c’est la dernière fois, promis juré craché.
Non parce qu’avec tout ce succès, une question qui brûle les lèvres de biens des jaloux / chtis / envieux : combien Dany Boon va-t-il se mettre dans les fouilles ?
















Ben ouais, faut pas croire, il n’a pas fait ce film pour la gloire ou pour l’esbroufe. Je suppose que s’il peut ramasser quelques biftons, il ne va pas cracher dessus.

 Il est donc bon de savoir que Dany Boon a touché :

 -900 000 euros de minimum garanti au titre de réalisateur et auteur ;

-90 000 euros de salaire en tant que technicien.
(source Ecran Total).


Déjà que rien ça, moi, j’serais un tout petit peu content, mais attendez un peu, z’avez encore rien vu !

Il touche 30 centimes d’euros par place vendue à partir de deux millions d’entrée.

Oui, alors commencez pas à rigoler comme des gros gorets, « arf arf 30 centimes, c’est vraiment peau de zob, qu’il se les garde ces vieilles pièces jaunes arf arf ».

Un rapide calcul vous fera passer l’envie de rire :

17 560 000 d’entrées, auxquels j’enlève deux millions d’entrée, ça nous donc 15 560 000,

que je multiplie par 30 centimes d’euros, ce qui nous donne la modique somme de…

4 668 000…D’euros, oui, pas des Boyards.
Quatre millions et des brouettes. Ça vous la coupe pas hiiin biloute !!!

 

Maintenant, je ne sais pas si il sera payé en pièces jaunes (mais avouez que ça s’rait drôle…tellement drôle que si j’avais cinq minutes, je calculerais le nombre de pièces de vingt et dix centimes, ainsi que le poids total d’une telle somme et la superficie occupée dans le porte-monnaie).

Ho bien sûr, je fais preuve de mauvaise foi car le film est encore à l’affiche et remplit encore des salles (ce n’est donc là qu’une estimation provisoire). Je ne compte même pas l’exploitation à l’étranger où il semble cartonner en Belgique et en Suisse. Pour vous dire, je n’ai même pas encore songé à l’éventualité d’un remake Américain (whaaaat prick !!!), ni même les futures ventes dvd fin octobre.

 

Un pari risqué le retour sur bénéfice. Le cachet de l’acteur est au plus bas (relativisons, ça reste quand même très supérieur à une ouvrière Moulinex), en contrepartie, il bénéficie d’un retour sur le succès et les entrées du film. Si le film se plante, il est quitte à manger des pâtes le reste de l’année.

 

N’empêche, ça reste finement pensé de la part d’un chômeur pédophile consanguin. Hiiiin Biloute !!!

 

Par Erofeuter
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Vendredi 14 mars 2008 5 14 /03 /Mars /2008 12:46

En ces temps salutaires et bienfaiteurs pour le Septième Art (je parle en entrées, bénéfices et optimisme), il est de mon devoir de vous abreuver de chiffres, comparaisons et autres données à l’état brut qui n’en demeure pas moins subjective quand à ce que je pense des œuvres pré-citées.



"Astérix aux Jeux Olympiques" de Frédéric Forestier et Thomas Langmann.

ast-rix-aux-jeux-olympiques.jpg

Sortie le 30 janvier 2008.

Budget : 78 millions d’euros.

6.6 millions d’entrées en 5 semaines d’exploitation.


"Bienvenue chez les Ch’tis" de Dany Boon.

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Sortie le 20 février 2008.

Budget : 11 millions d’euros.

9 millions d’entrées en deux semaines d’exploitation.


"Les Choristes" de Christophe Barratier.
choristes.jpg

Sortie le 17 mars 2004.

Budget : 5.5 millions d’euros.

8.5 millions d’entrée en 10 semaines d’exploitation.


"Les Bronzés 3 : Amis pour la vie" de Patrice Leconte.

 

 

bronzes3.jpg

Sortie le 1er février 2006.

Budget : 35 millions d’euros.

10,3 millions d’entrées en 15 semaines d’exploitation.


A cela, et pour être tout à fait précis, il nous faudrait y rajouter le nombre de copies (et donc de salles), le budget alloué à la Sainte Promotion, ainsi que le taux de satisfaction des spectateurs à la sortie du film (ridiculement bas pour les Bronzés 3, étonnamment haut pour les Choristes).

Enfin, si je voulais vraiment jouer les langues de pute, je vous donnerais les mêmes chiffres pour les Visiteurs en Amérique ou pour l’île aux Trésors d’Alain Berbérian avec Gérard Jugnot. Mais vu l’échec tant publique que critique de ces deux œuvres (prises totalement au hasard, elles sont sinon légion), il y a des chiffres qu’on préfère taire et oublier.


Par Erofeuter
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Samedi 8 mars 2008 6 08 /03 /Mars /2008 23:15


Jusqu'à il y a encore pas si longtemps, j'étais persuadé que c'étaient les réalisateurs qui choisissaient l'afficher de leurs films, qui réalisaient la bande-annonce, tout ça...Tout juste si c'étaient pas eux qui ramenaient la copie dans les cinémas le mercredi matin, sot que j'ai pu être !!!
L'affiche du film est la première publicité d'un film, qu'elle fleurisse sur la toile, sur les colonnes Maurice ou au cul des bus.

On NE PEUT DONC PAS laisser ces jolis espaces rentables aux mains de vulgaires artistes, ça serait de la folie pure. Faisons appel aux seuls vrais artistes rentables, j'ai nommé les publicitaires.
Malheureusement, ceux-ci ont une imagination qui frôle le néant, surtout quand il s'agit de promotionner l'Art. (au niveau du camembert ou du gel douche par contre, je leur fais entière confiance).
similit-s-affiches.JPG











Nous pourrions continuer ce jeu ad æternam et pas forcément sur des films sur-promotionnés ou foncièrement Américains (ou d'inspiration).
flandres-lady-chatterley.JPG


















Bon, je ne vous sens qu'à moitié convaincu. Je me vois donc contraint de tirer sur les ambulances avec un exemple plus frappant: les jaquettes des dvds d'une star incommensurables qui, malgré sa terrible paralysie faciale, a su mener tant bien que mal une belle carrière.


Ah mais justement, je l'entends qui arrive, youhou Steven par ici !!!
seagal-arrive.JPG



















Notez sa passion pour les armes à feu tout de même...Attention Steven sur la gauche !

seagal-a-gauche.JPG











Bon Dieu Steevynounet, il en vient par la droite aussi !
seagal-a-droite.JPG









Sur les toits là-haut !
steven-en-haut.JPG







 En-dessous, attention !
steven-en-bas.JPG


















Comble de tout, le bonhomme garde sa ligne de conduite jusque sur ses pochettes de disque où il brandit sa guitare comme un bon vieux Fa-mas, prêt à dessouder la première choriste qui chanterait faux.

seagal-disque.JPG

Par Erofeuter - Publié dans : dvdvor
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Lundi 25 février 2008 1 25 /02 /Fév /2008 21:39
Marion-Cotillard-copie-2.jpg

L’information cinématographique du jour reste tout de même l’oscar de la meilleure actrice pour Marion Cotillard.

 

 J’avais décidé de ne pas l’aimer. Ca m’arrangeait bien, c’était facile, et ça se basait sur deux trois trucs plus ou moins fondés :

-son rôle dans les trois premiers Taxi.

-Jeux d’Enfants.

-son jeu d’acteur dans Big Fish où pour jouer une femme enceinte, elle se contentait de tenir son ventre.

-le succès de la Môme.

-et ce côté Amélie Poulain propre à une catégorie d’actrice Française toute interchangeable entre elles (non je ne citerais aucun nom).

 

A côté de ça…ben à côté de ça, je l’ai découvert dans Furia, premier film d’Alexandre Aja. Je l’ai apprécié dans Innocence. J’ai aimé son audace pour oser jouer dans Dikkenek. Et puis elle était assise aux côté de Forest Whitaker à la cérémonie et rien que ça…
56559-forest-whitaker-et-marion-cotillard-copie-1.jpg

J’étais donc bien embêté à l’annonce du palmarès. Mais c’était sans compter sur mon aversion pour Edith Piaf.

 

Cocorico pour l’oscar de la meilleure actrice ?

Cocorico mes couilles oui ! Je hais les biopics. On n’y salue jamais la mise en scène, le scénario ni même le jeu d’acteur mais juste la ressemblance. Chapeau bas aux maquilleurs, syndrome Patrick Sébastien. Des flash-back rudement amenés, deux-trois longues chansons (si possible des classiques de l’artiste vedette), du larmoyant à foison à grand coup de pathos, une pincée de sulfureux (drogue, sexe, avec parcimonie toutefois), et une mort finale pour arracher les dernières larmes du spectateur. Et hop, emballez c’est pesé. Un plan marketing là-dessus, l’anniversaire du décès de la vedette pour la sortie du film, des coffrets cds avec ses plus grands succès, des coffrets dvds avec de jolies photos (c’est le plus produit), et vous obtenez LE cadeau idéal et indispensable pour la ménagère de plus ou moins cinquante ans.

 

Mon Cocorico ira donc bien plus volontiers au court-métrage « Le Mozart des Pickpockets » de Philippe Pollet-Villard que j'ai vu...en entier...contrairement à la Môme.

-"Vous auriez le film sur Edith Piaf, la momie ?"  (citation authentique d'une cliente, la semaine dernière).

Par Erofeuter - Publié dans : dvdvor
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